Thursday, February 8, 2007

Fin de l'expédition ASPI 2006/2007

Voilà, j'ai quitté Scott Base la nuit dernière pour la Nouvelle-Zélande. Me voici donc à nouveau à Christchurch. Nous avons profité de ces derniers jours avant notre départ de la base pour effectuer certaines analyses biologiques préliminaires. Ces dernières doivent être menées relativement rapidement après l'échantillonnage sur le terrain, afin de ne pas briser la chaîne du froid et donc de ne pas fausser l'interprétation des résultats. C'est Martin qui s'occupera du reste des analyses biologiques à son retour au Canada. Sean et Shelley interprèteront quant à eux les profils radar à l'Université d'Otago, tandis que nous nous chargerons à l'ULB des analyses chimiques, cristallographiques et mécaniques des carottes de glace. Le voyage n'est pas encore fini pour moi, puisque je serai la semaine prochaine à Hobart, en Tasmanie, afin de visiter un laboratoire mondialement reconnu pour l'étude de la résistance physique de la glace (rhéologie). Etant nous-mêmes actuellement occupés au Laboratoire de Glaciologie de l'ULB à mettre sur pied une cellule permettant ce genre d'études, je suis sûr que cette visite sera très instructive. Mais ça, c'est déjà le début d'une autre histoire...

C'est donc ici que se termine officiellement notre expédition en collaboration avec Antarctica New Zealand. Cette aventure, comme toute aventure polaire, nous aura tous marqués, tant par les conditions rencontrées que par cet étrange mélange de force et de fragilité que dégagent les régions polaires.

Personne ne reste insensible face aux pôles.

J'aurai personnellement particulièrement apprécié votre compagnie au cours de ce périple. Ce blog en compagnie de classes du secondaire aura été une chouette expérience, que nous tenterons certainement de renouveller ultérieurement.
Merci de nous avoir suivis, et à bientôt peut-être pour de nouvelles aventures...
Cheers, mates!
Denis

Wednesday, February 7, 2007

Polar Plunge...

Je vous racontais il y a peu comment la base se préparait pour l'hiver. Je ne croyais pas si bien dire. Sans doute influencés par les phoques, certains techniciens ont profité ce matin du peu de monde dans la base pour organiser une distraction assez cocasse : un "polar plunge". Traduisez : un plongeon polaire. Le but du jeu en est très simple : creuser un trou de quelques mètres de profondeur dans la glace flottante jusqu'à y atteindre l'eau de mer, et puis sauter... En compagnie de quelques intrépides, j'ai testé pour vous (on est d'origine gauloise ou on ne l'est pas) afin de ressentir l'effet d'une chute accidentelle dans l'eau en cette saison. Je vous avoue que je ne recommencerai pas de si tôt! Température de l'eau : environ moins deux degrés. L'eau de mer est en effet tellement chargée en sels que son point de fusion est largement diminué et devient bien inférieur à celui de l'eau de votre robinet. Sous la glace, l'eau de mer n'est donc pas gelée d'un point de vue physique (on dit alors que l'eau de mer est en surfusion), mais vous gelerez bien si vous y restez trop longtemps!!! (puisque votre corps contient moins de sels que la mer). C'est donc une activité à risque, que vous ne devriez pas tenter sans y être bien préparés! Choc thermique, ralentissement brutal de l'activité cardiaque et respiratoire sont au rendez-vous si l'on n'y prend garde. Cet événement était cependant ici bien préparé par les techniciens, avec l'aide du médecin en chef, du responsable logistique et d'un guide de montagne. Elle fait partie du folklore de la base, où elle est organisée à la fin de chaque saison (càd deux fois par an - j'aimerai encore moins la pratiquer en hiver). Quoi qu'il en soit, je vous laisse le loisir d'admirer la scène... Quelques instants d'espièglerie dans ce monde de froid et de science... Vous remarquerez la magnifique combinaison que j'arbore (assemblage de vêtements oubliés et autres déguisements provenant de la base). Je l'ai proposée au staff du coin pour la tendance de l'été prochain... Réaction quelque peu mitigée... Je ne sais pas si mon compagnon Superman ci-dessous (alias l'ingénieur en chef) aura mieux convaincu...

Ils sont fous ces Kiwis!!!

Denis

Visite des autochtones

Mais qu'est-ce donc que cette masse diforme sur tapis blanc? Les fans du Commandant Cousteau l'auront remarqué au premier coup d'oeil: c'est un phoque bien sûr! Nous sommes allés rendre visite ce matin à certains d'entre eux qui s'adonnent aux plaisirs de la plage non loin de la base. Ils sont rassemblés à proximité de ce qu'on appelle ici les "pressure ridges", ces énormes fractures et crêtes produites lors de la formation de la glace de mer des la fin de l'été. Elles peuvent avoir plusieurs mètres de haut et de long, et constituent un habitat idéal pour les phoques de par l'accès à l'eau et la protection contre les vents qu'elles procurent. Elles constituent par contre pour nous un réel danger, c'est pourquoi nous sommes accompagnés d'un guide de montagne qui connaît bien le terrain.
Les règles environnementales sont très strictes au sein d'Antarctica New Zealand. Comme l'avait déjà souligné Frank, tous les déchets produits lors des missions sont rapatriés en N-Z afin de limiter au maximum notre impact sur le continent. Il en est de même avec les animaux. Un phoque ne peut ainsi être approché à moins de 10 m. Il est également interdit de s'adresser directement à lui par gestes, bruits ou cris. Ces règles sont tellement respectées ici qu'elles posent parfois problème, notamment lorsqu'un phoque se trouve justement sur une route en zone dangereuse : on ne peut en effet ni quitter la route, ni provoquer la fuite de l'animal. Il ne reste qu'à attendre que l'animal veuille bien déplacer sa gracieuse masse de graisse.
Voila, c'était l'histoire du jour...
A la prochaine,

Denis

Monday, February 5, 2007

L'hiver s'installe en Antarctique

Aujourd'hui j'ai recroisé Léo, le collègue espagnol qui comparait la région à la Costa del Sol au début de notre séjour. Il a bien changé change d'avis depuis. Finies les températures proches de 0 degrés que Frank évoquais au plus fort de l'été. Le mercure est en-dessous de -15 °C à présent, ce qui dehors, sous l'effet du bon petit vent, équivaut en ce moment à environ -30 degrés. La trajectoire du soleil commence également à s'approcher peu a peu de l'horizon, ce qui signifie moins de lumière et de chaleur. Les nuages s'alourdissent et la neige commence à tomber... C'est l'hiver qui s'installe.
Et Scott Base, notre base de transit pour quelques jours, s'adapte. Toute la base s'apprête pour la mauvaise saison. Pratiquement tous les scientifiques ont quitté le navire la semaine dernière, et nous-mêmes, nous quitterons la base dans quelques jours. Ne reste à présent comme personnel que ceux qui resteront pour l'hiver et qui entretiendront la base jusqu'à l'été prochain. Nous avons ici un cuisinier, un électricien, un opérateur télécom, deux ingénieurs, un charpentier, un mécanicien et un aide-ménage. Tout ce qu'il faut pour faire tourner les machines...
La station McMurdo voisine se prépare elle aussi. Un brise-glace vient d'entrer au port, qui tracera bientôt la voie dans la glace pour un énorme navire cargo rapatriant du matériel logistique et scientifique vers la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis. C'est ce trajet qu'emprunteront nos échantillons et notre matériel ; ils prendront ensuite la direction du port d'Anvers, où ils arriveront l'été prochain. D'ici-là, nous aurons interprété les données radar, et pourrons dès lors bien cibler les analyses à effectuer sur les glaces rapportées. Je vous laisse à présent - nous avons justement à réorganiser le matériel dans les malles, et à traiter certains échantillons de glace pour déjà en récolter quelques données sur la biologie.
A demain,
Denis

Sunday, February 4, 2007

Retour sur Scott Base #2

Salut la compagnie! Comment va la vie au pays du soleil absent (la Belgique pour les novices)?
Tout va bien pour nous quatre ici a Scott Base. Nous venons juste de rentrer du terrain. Le temps de prendre une douche, de manger un morceau (non lyophylisé), et je vous écris déjà. Comme prévu, le vent nous a accompagné durant tout notre séjour. Les premiers jours étaient les plus pénibles, avec des vents soufflant en moyenne à 75 km/h et des rafales allant jusqu'a plus de 120 km/h... Cela nous a un peu mis la pression au début, car nous pensions avoir à travailler dans ces conditions durant l'entièreté de la mission. Trouver le sommeil dans notre tente n'était pas vraiment facile non plus. Mais le vent s'est quelque peu calmé par après, nous laissant juste de quoi nous déplacer normalement (càd en position verticale et non inclinés a 30 degres face au vent...).

Nous avons commencé le travail de terrain par effectuer une reconnaissance à pied de la zone à étudier, ce qui nous a pris environ deux jours. Puis ont débuté les études radar et le carottage de la glace. Tout s'est bien déroulé en général. Nous avons bien rencontré quelques pépins sur place, mais nous nous y attendions un peu, étant donné que le coin nous était inconnu. Les données recueillies suite aux études radar et au carottage nous aideront à mieux cerner l'histoire de la formation des calottes de glace flottantes en bordure du continent. Ceci est important si l'on veut comprendre comment réagit le continent antarctique face à des changements environnementaux importants (comme ceux rencontres p. ex. de nos jours).

Des échantillons de neige, d'eau et de glace ont également été prélevés afin d'en étudier l'activité biologique. Et oui, la vie est possible dans la glace, même en conditions extrêmes. Elle est par contre très rare et fragile. Il suffit juste de quelques gouttes d'eau liquide et de sels minéraux bien dosés pour que des mousses, des lichens ou des algues se développent. Les diverses formes de vie rencontrées ici sont souvent très simples et primitives. Mais elles sont du genre coriace! Elles sont issues d'un long et lent processus de sélection naturelle, qui les a rendues parfaitement adaptées à cet environnement. Des espèces provenant des fonds marins sont également présents dans la glace (éponges, coquillages). C'est la dynamique de la glace qui les a amenés jusqu'ici, en surface. Celles-ci ajouteront encore une pièce au puzzle que nous essayons de reconstituer. Comme Frank dans les Dry Valleys, nous avons également observé des phoques mommifiés, morts sans doute perdus ou affamés. Ajoutons aussi a la liste un jeune manchot, parfaitement préservé.

Voici une photo de notre camp à Minna Bluff, avec en fond le Mont Discovery (2681 m). Il s'agit d'une montagne historiquement célèbre, car elle a ainsi été nommée par Scott du nom de sa fameuse expédition lancée en 1901. Son navire portait le même nom. Cette montagne constitue l'un des plus beaux éléments du paysage de la baie de McMurdo. On s'y attache très vite, car elle est inmanquable de par son allure et change constamment d'apparence suivant les conditions météo. Elle se trouve d'ailleurs probablement sur la majorité de mes photos de terrain...
Content de vous retrouver,
Denis

Wednesday, January 17, 2007

Un peu d'histoire antarctique

Un peu d'histoire aujourd'hui, avec une visite du célèbre Hut Point. C'est l'un des endroits d'embarquerment de Scott lors de son fameux périple [Quand?], juste à proximité de McMurdo Station, la grande base américaine. Elle est si grande qu'on l'appele souvent MacTown. Denis et moi sommes à présent pour quelques jours à Scott Base, juste de l'autre côté de la péninsule. Cette visite de la cabane de Scott est assez étonnante. Quand on y entre, c'est l'odeur qui nous frappe d'abord : l'odeur des chevaux, des phoques, et mêmes des moutons de l'époque. Tout y a été préservé comme dans le temps, il y aenviron 100 ans. Le temps s'est littéralement arrêté. Il est même difficile de s'imaginer qu'en sortant un grand bateau et une ville comme McMurdo nous attendent juste à côté. [Question: en quelle année Scott a atteint le Pôle Sud?]
A la fin de la journée, nous avons pris une photo à Scott Base de la bande K064, qui comprend ceux qui étaient à Wright Valley et ceux qui vont a Minna Bluff (de gauche à droite: Shelley, Frank, Denis, Martin, Sean et Dorothea).

Frank.

Tuesday, January 16, 2007

Retour des Vallées Sèches

Mardi, le 16 janvier 2007

Deux semaines nous séparent depuis mon dernier contact. Depuis lors, nous sommes allés sur le terrain, dans un paysage magique, dont notamment les Vallées Sèches (Dry Valleys) en Antarctique. Pas seulement magique d'un point de vue esthétique, mais aussi de par son caractère unique sur ce continent blanc et froid. Ici, il fait généralement quelques dégrées en plus qu'ailleurs en cette période. C’est pour cela que la température minimale n’a jamais été inférieure à -5°C. Mais les températures maximales étaient souvent proches de 5°C.


On a bien travaillé. Chaque matin une heure de marche nous attendait pour arriver sur la surface du glacier (Wright Lower Glacier). Et le soir : le trajet-retour puis le traitement des mesures prises avec le radar. Le repas se prenait ensemble dans la tente polaire, et après je travaillais les résultats obtenus au cours de la journée. La différence entre le camp et le glacier est frappante : il fait plus frais là-haut, à cause du vent et de la réflexion de la radiation solaire incidente.


Il y a quelque jours, j’ai visité les alentours, les autres glaciers dans la vallée, pour avoir une vue d’ensemble. Très étonnant de se trouver dans un coin d’Antarctique où il y a tant de surface non recouverte de glace ni de neige. Même la rivière la plus importante du continent se trouve ici dans cette vallée, la rivière Onyx. [Question: pourquoi la rivière n'est-elle pas gelée selon vous?]

Les mesures géophysiques que nous avons effectuées se faisaient essentiellement par radar et radiosondage de la glace. En utilisant plusieurs fréquences, on peut ainsi déterminer ce qui se trouve en-dessous de la calotte glaciaire. En d'autres termes, nous pouvon savoir s’il y a des sédiments ou plutôt du rocher. Ceci nous permettra de mieux comprendre le comportement futur des glaciers étudiés. Sur la photo, on voit Sean et Shelley qui préparent le radar pour la journée.

Autre phénomène assez surprenant : la présence de plusieurs phoques mommifiées sur la glace et dans la vallée. Certains des ces animaux sont là depuis plusieurs centaines voire plusieurs milliers d’années. Ils ont probablement quitté la mer pour s'avancer sur les glaciers finalement se perdre dans ces vallées.

Je viens d’arriver à Scott Base où je viens de rencontrer Denis, qui a bien anime le blog ces derniers jours (il faut en profiter) et qui partira demain pour Minna Bluff. La première chose que j’ai fait à mon retour à la base, c’est de prendre une bonne douche, car après quelques semaines sur le terrain (où l'on ne produit pas du tout du ‘grey water’, ni même pour cuisiner), on commence à produire quelques odeurs... [Question: c'est quoi du 'grey water'?]. Néanmoins, ce n’est que sur la base que l’on s'en rend compte... surtout quand on voit ou sent les autres autour de nous… Et puis on profite aussi du premier bon repas que l’on ne doit pas cuisiner soi-même… Rien que du bonheur.

Frank.

Saturday, January 13, 2007

Bulle blanche

Salut à tous! Et oui, beau temps dans le coin. Un biologiste espagnol me disait tout à l'heure: eh tipo, esta la costa del sol aqui! Mais le temps peut se dégrader très rapidement, comme ce matin durant notre Antarctic Field Training. Nous nous sommes en effet retrouvés sans repères autour du camp. Il faut toujours se méfier de la météo en région polaire ; elle peut changer de manière drastique en l'espace de quelques minutes. Ces conditions étaient idéales pour simuler quelques exercices de sauvetage sur glace.
Vous devez vous demander : mais il n'est toujours pas sur le terrain, celui-la?! Et bien non - c'est comme ca que se passe une expédition. Il faut d'abord bien se préparer personnellement afin de se sentir a l'aise sur le terrain. C'est pourquoi ce petit entrainement est organisé pour chacun d'entre nous. Il y a également pas mal de détails à régler et d'imprévus à parer avant de partir. Il faut p. ex. s'assurer que l'équipement soit arrivé à bon port et en bon état (c'est le cas ici), que l'équipe logistique soit au courant de nos opérations (OK), et qu'il n'y ait pas de problème majeur sur le site de recherche. En ce qui concerne ce dernier point, rien n'est moins sûr, car encore aucune équipe n'est allée sur place cette saison. Il semble en plus, d'après ce que tout le monde me dit dans la base, que Minna Bluff (notre site de recherche) correspond exactement a la zone où les vents sont les plus forts dans la région. Scénario:
* quelqu'un: ça va?
* moi: ouaips
* quelqu'un: vous bossez dans quel coin?
* moi: Minna Bluff
* quelqu'un: hummh hummmh...
* moi: quoi?
* quelqu'un: je vous conseille de bien attacher votre tente...
(ou) z'allez faire de la planche à voile? (ou) j'ai étudié les conditions météo dans le coin... Intéressant...
* moi: :~0

On verra bien... En tous cas, si vous trouvez dans la cour de votre collège un chapeau fourré garni d'une plume de pingouin dans votre jardin, gardez-le, c'est probablement le mien, emporté par le vent!
En attendant, tout le monde à Scott Base se prépare pour un grand événement: le 50ème anniversaire de la construction de la base. Des invités de marque seront au rendez-vous, dont notamment le premier ministre néo-zelandais, l'ambassadeur américain en N-Z, ainsi que (et surtout) le fameux Edmund Hillary. Agé de 87 ans aujourd'hui, ce dernier est une véritable légende vivante. C'est lui en effet qui, en 1953, a gravi le Mont Everest pour la première fois et (surtout) qui en est revenu vivant, ce qui n'était pas une mince affaire à l'époque ni encore aujourd'hui. Il a également beaucoup oeuvré pour le Tibet, en fondant de nombreuses écoles pour les enfants et en aidant les sherpas locaux dans leur travail (d'ailleurs, c'est quoi un sherpa?). Il a aussi participé à pas mal d'expéditions pionnières en Antarctique, et est de plus néo-zelandais. Quel meilleur ambassadeur donc qu' Hillary pour célébrer ce 50ème anniversaire?
Voila, c'est ici que je vous laisse pour le moment ; notre départ pour Minna Bluff est prévu pour demain matin. Sean, Shelley, Dorothea et Frank rentrerons des Dry Valleys vers la base. Nous déchargerons ensuite leur matériel, rechargerons le nôtre dans l'hélico, puis go go go avec Sean, Shelly et Martin en direction de la plate-forme de glace.
Portez-vous bien, et n'oubliez pas de répondre aux diverses questions du site. Oui oui - vous en avez bien manquées quelques-unes. Je prends note... ;-p
A la prochaine dans quelques semaines en ce qui me concerne,
et plus de news très bientôt avec Frank...
Denis

Friday, January 12, 2007

Ici Scott Base #2

Etape #1 ce matin : lever au milieu de la nuit pour être prêt à l'aube à l'aéroport. Le transport des troupes sera opéré par l'U.S. Air Force, càd l'armée de l'air américaine. C'est elle en effet qui dirige les manoeuvres logistiques dans la region de McMurdo (où se trouve Scott Base).

Etape #2 : vue magnifique au travers du hublot et sandwich jambon-beurre de cacahuètes (à la mode americaine) pour faire passer les 5 heures de trajet aérien qui nous séparent de la côte antarctique.

Etape #3 : aterrissage à Willies Field, la piste aérienne sur glace située a quelques kms de la base. Les scientifiques que l'on voit ici en rouge sont américains; ils seront transités vers la station McMurdo, voisine de Scott Base. Ainsi vêtus, ils ressemblent un peu a l'équipe Ferrari (version polaire), vous ne trouvez pas?

Content d'être enfin en Antarctique,

Denis

Question habituelle : quelle est l'altitude maximale des Montagnes Transantarctiques (la grande chaîne qui traverse le continent)? A quelle autre chaîne bien connue peut-elle être comparée?

Wednesday, January 10, 2007

Icebergs en vue...

Salutations de Dunedin, ville universitaire située dans le sud de la NZ. J'y ai rendu visite à Paul, un collegue glaciologue de l'Université d'Otago travaillant sur la cristallographie de la glace. Il m'a emmené hier matin sur la plage située juste en contre-bas de sa maison (voir photo ci-contre). Rien de particulier en vue, me direz-vous. Sauf que c'est précisement au large de cette plage qu'un iceberg d'origine antarctique a été détecté il y a quelques semaines (peut-être en avez-vous entendu parler dans les journaux). Sa taille est assez impressionnante, comme en témoignent les photos ci-dessous (source: AFP). Sachant qu'il s'est fracturé et qu'il a fondu en masse au cours de son trajet, je laisse vous imaginer sa taille initiale... Ce sont probablement les vents et les courants marins qui l'ont amené jusqu'ici.

La dernière fois qu'un iceberg avait pu être observé des côtes neo-zélandaise, c'était en 1931. Il ne s'agit donc pas d'un phénomène unique, mais quand-meme assez rare. D'autres icebergs avaient été repérés depuis, mais seulement à quelques dizaines de kms des côtes. L'événement a en tous cas été accueilli avec joie par les agences touristiques locales. Des visites guidées en hélicoptère y ont très vite été organisées, et des centaines de touristes en ont déjà foulé la surface. Et oui, les glacons, ca peut rapporter le paxon!...

Denis ;-p


Question du jour: quelle est la proportion de glace submergée dans un iceberg?

Tuesday, January 9, 2007

Des manchots dans la ville...

Quelques nouvelles de Christchurch en Nouvelle-Zélande, où j'attends avec impatience de décoller pour l'Antarctique.

S'il y a bien un truc de ce côté-ci de la planète auquel on se se fait pas si l'on n'est pas né dans le coin, c'est l'accent néo-zélandais. En tant que scientifiques, nous avons l'habitude de cotoyer des collègues parlant anglais avec différents accents, mais celui d'ici est vraiment à couper au couteau - tout aussi brumeux que ceux d'Ecosse ou d'Irlande, c'est vous dire... Cette situation est quelque peu frustrante au début, surtout en sortant groggy de l'avion, mais on se fait bien vite une raison à ne comprendre que la moitié de ce que les gens nous racontent... Je vous le dis, c'est carrément une autre planète ici!
Plus sérieusement, comme l'avait déjà souligné Frank il y a une semaine, beaucoup de choses dans la ville renvoient à l'Antarctique et à sa glorieuse découverte. C'est en effet d'ici que sont parties, au début du 20ème siècle, les premières expéditions à la conquête du Pôle Sud. Tout le monde dans la ville pourrait vous relater cette fameuse course contre la montre qui s'est lancée à l'époque entre Sir R.F. Scott et Roald Amundssen (et vous, en êtes-vous au courant?). Depuis cette folle épopée, la Nouvelle-Zélande est restée très impliquée dans le recherche antarctique. Elle constitue d'ailleurs aujourd'hui l'une des trois grandes portes vers le continent (à votre avis, quelles sont les deux autres?).

Antarctica New Zealand, l'organisme qui nous accueille au sein de ses expéditions, tient son quartier général aux abords de l'aéroport de Christchurch. C'est là que s' organise toute la logistique liée au transport de matériel et de personnes en direction de Scott Base, la station de recherche néo-zélandaise. Juste à côté de cet organisme se trouve l'International Antarctic Centre (voir photo à gauche). Il s'agit principalement d'un musée dédié non seulement à la découverte du continent blanc, mais aussi à la recherche scientifique qui y a été menée depuis.
On se revoit très bientôt, après avoir rendu visite dans le sud de l'île à un collègue glaciologue avec qui nous travaillons à Bruxelles.
Gidday, mate!

Denis

P.S. : à propos de la question concernant les caribous, il est tout à fait exact qu'ils ne vivent qu'en Arctique. J'ajouterai même qu'il n'y a pas de mammifères vivant sur la terre ferme antarctique. On n'y trouve en fait que des oiseaux (souvent perdus après tempête) et des organismes pluricellulaires primaires (mousses, lichens, protozoaires, ...). En bordure du continent, on trouve par contre une multitude de mammifères marins (phoques, manchots, baleines, ...), ceci étant principalement lié à une plus grande disponibilité en nourriture.

Monday, January 8, 2007

En cours de route...

Aah, enfin la terre ferme. Quel voyage! - j'ai comme la tête à l'envers de ce côté-ci de l'hémisphère... Au fait, merci a ISM Chatelineau pour le calcul de la distance parcourue. 19147 kms, cela fait a peu de choses près la moitié de la circonférence de la Terre!
Le voyage s'est bien passé à part ca. J'ai même rencontré des collègues en cours de route, ceci plusieurs fois alors que nous ne prenions pas les mêmes avions. Les voici sur la photo, visiblement très surpris de retomber sur moi (ici a Bangkok). Il s'agit de Francois, doctorant en géologie au Musée d'Afrique Centrale à Tervuren, et de Julie, doctorante (francaise) en biologie à la Vrije Universiteit à Bruxelles. Ils participeront pour quelques mois à une croisière scientifique autour de la Tasmanie, où ils mèneront des études en océanographie. Pas mal, non? Vous savez, les scientifiques belges a l'étranger, c'est un peu comme les caribous avant la grande migration: ils ont la faculté de se reconnaître et de se regrouper malgré l'immensité des steppes. * _ *
A+ Airbus,
Denis

Question subsidiaire : y a-t-il des caribous en Antarctique?

Friday, January 5, 2007

Départ #2

A mon tour de me préparer pour le grand départ vers le Sud. Les sacs se remplissent, et les petites croix sur les listes s'agglutinent. Je commence à entrer dans le move, comme on dit. Je me suis même entraîné cette semaine à manger mes tartines en tenue polaire... Quelle galère avec les moufles! ;-)
Je partirai demain soir vers 19h, et arriverai à Christchurch en Nouvelle-Zélande ce lundi dans l'après-midi, après environ 33 heures de voyage. Pour ceux qui aiment la géographie, voici les différentes étapes au programme: Bruxelles - London - Bangkok - Sydney - Auckland - Christchurch. 11900 miles environ à parcourir - à vous de faire le point en km...
Crossing fingers,
Denis